19 Novembre 2009, Jeudi, 13h49
Voilà presque deux semaines que nous sommes allés à Hiroshima, et je n'ai toujours pas posté l'essentiel de ce voyage.
J'ai un peu manqué de temps cette semaine, les cours deviennent plus intense car il ne s'agit désormais plus de révisions...
Et j'attendais également qu'il n'y ait pas beaucoup de monde à l'I House afin de télécharger les photos plus rapidement.
Car j'ai décidé de faire parler cet article avec des photos plus qu'avec des mots.
A 8 heures 15, le 6 Aout 1945, un bombardier B29 américain largue une bombe atomique, première de l'Histoire de l'humanité. La bombe explosa approximativement à 600 mètres au dessus et 160 mètres
au Sud Ouest du Dôme, Préfecture industrielle d'Hiroshima. Le bâtiment a été ravagé par le feu. Les personnes à l'intérieur sont décédées sur le coup.
Cependant, parce l'explosion venait presque directement d'au dessus, certains murs du bâtiment ont survécu, permettant, grâce aux restes du bâtiment et à la structure de fer de reconnaitre un
dôme.
Après la guerre, le squelette de la ravagée préfecture industrielle d'Hiroshima s'est fait connaitre sour le nom de : Dôme de la bombe atomique.
(pardon pour la traduction très approximative...)
Pendant de nombreuses années, les opinions à propos du Dôme divergeaient. Certains pensaient qu'il devrait être préservé en tant que mémorial, tandis que d'autres, le qualifiant de structure
dangereusement dilapidée rappelant de douloureux souvenirs recommandaient sa destruction.
Progressivement, alors que la ville se reconstruisaient et que d'autres monuments bombardés disparaissaient, le désire de préserver le dôme devint plus fort. En 1966, le Conseil Municipal
d'Hiroshima fit passer une résolution, déclarant que le Dôme de la Bombe atomique serait préservé à perpétuité. Ceci mena à une campagne pour augmenter les fonds nécessaires à l'entretien physique
du Dôme. Les donations de la part de ceux qui désiraient la paix au Japon et dans outre-mer affluèrent. Le premier projet de préservation fut exécuté en 1967.
Par la suite, de nombreux projets de restauration ont été mis en place pour s'assurer que le Dôme restera toujours comme il est devenu immédiatement après le bombardement.
En Décembre 1996, le Dôme de la Bombe Atomique fut officiellement répertorié en tant que Patrimoine Mondial, comme un témoin historique de la tragédie de la première utilisation de l'arme nucléaire
dans l'Histoire de l'Homme et en tant que monument universel de la paix, appelant à la suppression des armes nucléaires et l'épanouissement d'une paix universel durable.
Pour aider à protéger le Dôme, le gouvernement national désigna le site alentours comme un site historique sous l'Acte de Protection des Propriétés Culturelles (?), avec un large espace à
l'intérieur et autour du Parc Mémorial de la Paix (ci-dessus).
Nous voilà donc arrivé à l'entrée du Musée...
Profonde inspiration. Et nous entrons.
Les professeurs nous avez prévenu que certaines choses pouvaient être bouleversantes...
Je n'ai malheureusement pas pris le temps de lire toutes les explications qu'on nous donne dans la première salle : nous n'avions qu'une heure pour faire le musée...
L'exposition commence par ces mots :
"Hiroshima est une ville sur laquelle une bombe atomique a été lâchée.
Hiroshima est une ville avec de nombreux monuments mémoriaux pour les vies perdues.
Hiroshima est une ville qui recherche continuellement la paix.
Tout le monde, s'il vous plait, regardez le chemin parcouru par Hiroshima au cours du siècle passé.
Mémoires distantes, remords amer et inquiétude d'une époque révolue.
S'il vous plat, voyez ce que la bombe atomique a amené.
Souffrance, peine, colère et appréhension face à un futur incertain.
... Hiroshima,
Dans cette époque nucléaire, continuera de tenir bien haut la flamme de l'espoir."
Maintenant, vous êtes un peu plus dans le bain.
Je ne peux malheureusement pas vous mettre toutes mes photos... Mais en voici quelques unes.

Voici le Dôme, avant le bombardement.
Accompagné des commentaires :
Du 5 Aout 1945 au soir, au 6 Août tôt le matin, sirènes et avertissements d'attaques aériennes retentirent fréquemment. Les résidents de la ville passèrent une nuit agitée. Le 6 Août au matin, les
alarmes cessèrent enfin, le signal de fin d'alerte retentit, et ce matin-là commença comme tout autre matin, avec des gens se pressant d'aller au travail et ceux mobilisés pour un travail de
démolition se rendirent sur les sites qui leur étaient assignés.
Le 6 Août 1945, une seule bombe atomique réduisit la ville d'Hiroshima en une plaine de décombres brûlés.
Quand la bombe explosa, on pense qu'environ 350 000 personnes se trouvaient à Hiroshima. Ce chiffre inclut des personnes des colonnies japonaises en Corée, Taiwan et du territoire continental
chinois. Certains étaient des travailleurs forcés.
Avant fin décembre 1945, environ 140 000 sont morts.
Une reconstitution taille réelle de ce à quoi ressemblaient les gens et la ville après le bombardement...
" Shinichi Tetsutani (alors 3 ans et 11 mois) adorait faire de ce tricycle. Ce matin-là, il en faisait devant sa maison quand, dans un flash soudain, lui et son tricycle ont été sévèrement brûlés.
Il mourut cette nuit-là. Son père considèra qu'il était trop jeune pour être enterré tout seul, loin de la maison et, pensant qu'il pourrait jouer avec, il enterra Shinichi et son tricycle dans le
jardin.
Durant l'été 1985, 40 ans plus tard, son père déterra les restes de Shinichi et les transferra dans le tombeau familial.
Ce tricycle et ce casque, après avoir dormi 40 ans dans le jardin avec Shinichi, ont été donné au Musée Mémorial de la Paix."
Différentes tuiles, s'étant soudées entre elles à cause de la chaleur et des radiations au moment de l'explosion.
A la surface de la terre, au moment de l'explosion, la température éteignit 7000°C.
On pouvait toucher ces tuiles... Et d'autres, moins fondues, portant la marque laissée par les radiations. J'en ai touché une... C'est suffisant pour imaginer ce que ça pouvait être sur la peau, si
ça a réussi à modifier la pierre...
Ci dessous, différents objets retrouvés, brûlés, déformés par la chaleur...
Mur marqué par une pluie noire.
Je terminerais cet article par ce dessin, un parmi 3500 envoyés en réponse à un "concours" demandant aux personnes ayant vécu le bombardement de dessiner leur expérience. Celui-ci était accompagné
du commentaire :
"Je ne peux pas oublier les gens me suppliant.
7 Aout 1945, aux alentours de 11h40.
Hiroshi Hara ( 13 ans au moment du bombardement, 69 lorsqu'elle dessina ce dessin).
" Il y avait des gens me suppliant, disant : donne-moi de l'eau, donne-moi de l'eau.
En quittant l'école, le professeur nous a dit que de tels gens mourraient si je leur donnais de l'eau. Je me suis dépêchée de partir comme si je les fuyais. Je ne peux pas oublier la façon qu'ils
avaient de joindre leurs mains vers moi pour prier."
J'ai de nombreuses photos, de nombreuses explications que je ne peux pas mettre sur ce blog, car quelques peu choquantes. Mais je pense que les informations que je vous ai apportées décrive déjà
pas mal ce que l'on ressent lorsqu'on entre dans ce musée, et le message qu'il fait passer.
Tout le monde est ressorti bouleversé, et nous sommes remontés dans le bus pour 7 calmes heures de route.
Lors de discussions sur le voyage, j'ai régulièrement entendu les américains dirent qu'ils se sentaient vraiment coupables.
C'est triste de voir qu'il a fallu derrière des milliers de vies pour obtenir un semblant de paix dans le monde...